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Victor Hugo (1802-1885), poète, dramaturge, romancier.
Lettre autographe signée au poète et journaliste belge Charles Potvin (1818-1902), 3 pp.in-8. Hauteville House, samedi 23 juin [1860]. Adresse au dos avec marques postales.
Belle lettre de Victor Hugo, alors qu’émergent la chute des empires et la naissances des Républiques européennes. Lettre écrite quelques jours après son discours de Jersey, vibrant plaidoyer en faveur de la République, de l’unité Italienne et de Garibaldi au cours duquel il prophétisa une « vision splendide, l’Italie libre !...L’Italie existe. L’Italie est l’Italie. Où il y avait un terme géographique, il y a une nation ; où il y avait un cadavre, il y a une âme ; où il y avait un spectre, il y a un archange, l’immense archange des peuples…L’Italie communique au progrès du monde entier la grande fièvre joyeuse propre à son génie ; et l’Europe s’électrisera à ce resplendissement prodigieux ».
Lettre écrite à la suite de ce discours dans laquelle Victor Hugo s’enquiert de sa publication par les journaux et perçoit la censure qui ne manquera pas de s’abattre, organisés par des régimes inquiets du développement de l’esprit républicain : «…Jusqu’à aujourd’hui jeudi 21 juin, le National n’a rien mentionné de ce qui s’est passé à Jersey…Or, les cinq ou six journaux anglais ou français concernant le meeting et mon discours, ont été mis sur bande, affranchis…Deux journaux de Paris ont publié le discours…et le lendemain, ils étaient avertis. …Au cas où l’envoi des journaux fait par moi aurait passé par Calais [il] aurait été intercepté par l’honnête police française…En cas de reproduction de mon discours…il faudrait le prendre dans les journaux de Jersey et de Guernesey plutôt que dans les journaux français, lesquels ont dû supprimer certains passages, précaution qui ne les a pas sauvés de l’avertissement ».
Il insiste sur la nécessité de publier son discours pour les idées républicaines et l’unité italienne : « La cordialité absolue est la base de la fraternité républicaine. D’ailleurs il s’agit d’un intérêt plus grand que nous ; il s’agit du triomphe de nos idées. ». Il anticipe la peur que crée son discours pour les empires en place voués à disparaitre : « L’empire, en fulminant un avertissement contre mon speech de Jersey, a fait une sottise. Il démasque sa haine secrète et profonde contre le mouvement italien et sa terreur du branle-bas qui va commencer. En outre, il se fait bêtement mon portevoix, et il double le retentissement du discours. ».
Transcription complète jointe.