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Jacques-Nicolas Billaud puis Billaud-Varenne, « le Patriote rectiligne » ou le « Tigre » (1756-1819), député montagnard à la Convention nationale et membre du Comité de salut public. Si Robespierre est le grand théoricien de la Révolution, Billaud en est le grand exécuteur et est essentiel dans le gouvernement de la France pendant la Terreur. Son efficacité et sa rigueur sont redoutables. Malgré son amitié et sa proximité idéologique avec Robespierre, il sera un rouage central de sa chute le 9 thermidor. Arrêté lors de la Réaction thermidorienne, il est déporté à Cayenne sans jugement, et refusera la grâce de Napoléon.
Très rare lettre autographe signée à son père, camp de « Sinnamary », 9 germinal an 5 (29 mars 1797), 2 p in 4.
Lettre à son père sur un ton respectueux et attachant, écrite peu de temps après sa déportation en Guyane alors qu’il se trouve au terrible camp de Sinnamary. Sans nouvelles de ses parents depuis sa déportation en Guyane, il les remercie d’avoir accueilli sa femme chez eux et déclare que c’est une grande consolation pour lui. Il leur demande de lui faire renoncer à son idée de venir le rejoindre en Guyane, ce qui allègera un peu son désarroi et sa peine. « Tous les évènements de la vie me seront moins pénibles, car le plus ardent de mes vœux sera rempli ».
Son épouse – dont il était fou amoureux - demandera finalement et obtiendra cette même année 1797 le divorce pour " absence de mari ".
« […] n’ayant reçu aucune nouvelle de vous depuis mon départ de France ; j’étais moins attristé qu’affligé. Lorsqu’enfin une lettre que je viens de recevoir de ma femme a dissipé mes alarmes, en m’aprenant que grace au ciel vous jouissez d’une bonne santé, ainsi que ma chère maman. Conservez là, je vous en conjure, en la ménageant autant que possible.
[…] Car assurément je n’ai pas besoin de vous retracer ici, combien ma tendresse pour vous a d’étendue et de force. Il suffit pour les connoitre de vous rappeler toutes les bontés que vous avez eues pour moi […] » Il attend impatiemment de ses nouvelles et lui a écrit plusieurs lettres mais doute de leur réception : « je doute si mes lettres vous sont parvenues. On a si peu de soins à cet égard dans les vesseaux, que c’est au hasard, quand celles qu’on leur confie, sont remises à leur adresse ».
Il remercie ses parents d’avoir accueilli sa femme chez eux et déclare que c’est une grande consolation pour lui. Il leur demande de lui faire renoncer à son idée de venir le rejoindre en Guyane, ce qui allègera un peu son désarroi et infortune. « Mais puisque ma mauvaise destinée veut que nous vous soyons sans cesse à charge, au moins ne sera ce pas sans en ressentir la plis vive reconnaissance […]. N’abandonnez pas l’infortunée qui me remplacera, pour vous chérir autant que je le fais moi-même, avec cette certitude, et celle de mériter, et de conserver votre affection. Tous les évènements de la vie me seront moins pénibles, car le plus ardent de mes vœux sera rempli. Tels sont les sentimens que je vous dois à jamais […] ».