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François II (1544-1560), roi de France du 10 juillet 1559 jusqu'à sa mort en décembre 1560. Son règne constitue un prélude majeur au déclenchement des guerres de Religion avec une importante crise politique et religieuse et l’influence prépondérante de la famille de Lorraine (les Guise) dans les affaires royales.
Lettre signée de François II « Françoys », contresignée par Jacques Bourdin en qualité de secrétaire d’État, adressée à François de Saint-Nectaire* « gentilhomme de ma chambre et Lieutenant a Metz », lieutenant du gouverneur des Trois-Évêchés, Pontgouin (Eure-et-Loir), 22 juin 1560, 1 page in-folio, adresse au dos, trace de cachet de cire rouge, petites fentes dues au système de clôture, un accroc marginal.
Lettre témoignant du rattachement progressif des Trois-Évêchés à la Couronne royale de France, notamment son système judiciaire placé sous l’autorité d’un délégué royal, ici Antoine Senneton, et le traitement d’un sujet avec le roi Philippe II, fils aîné de Charles Quint, roi d'Espagne, archiduc d'Autriche et prince souverain des Pays-Bas.
En 1552, les troupes de Henri II soumettent les villes impériales de Metz et Verdun après une campagne victorieuse contre les troupes impériales de Charles Quint. L’occupation française commence de facto dans les Trois-Évêchés mais l’empereur garde officiellement sa souveraineté sur ces cités. Dans les trois villes de Metz, Toul et Verdun, s'installe alors un régime original, celui de la protection, où les anciens pouvoirs des villes issues du Saint-Empire sont peu à peu absorbés par les organismes mis en place par l’administration royale. Ce n’est qu’en 1648 avec les traités de Westphalie que la cession des Trois-Évêchés par l'Empire à la France est entérinée.
« Monseigneur de Senetaire, je n’auray pas grande response à vous faire à la lettre que j’ay receue de vous..., et vous diray seullement que je ne sçauroys avoir que bien fort agreable reflection que vous avez faicte des denommez au rolle que m’avez envoyé pour estre pourveuz es estatz de la justice de Metz, puis que ce que vous en avez faict a esté aprés vous estre enquiz du vicaire en l’evesché, de l’archiprestre, et des curez des paroisses, du devoir qu’ilz ont faict aux Pacques dernieres et de leur bonne religion, d’aultant que de ceulx de ceste qualité-la, l’on ne peult esperer que repos en ladicte ville et ung fort bon et loyal devoir en tout ce qui despendera de l’exercice de ladicte justice et de ce qui leur sera commis.
Vous priant que avec le president Senneton vous faictes toute la dilligence qui sera au monde possible, pour m’esclercir du faict d’Ennery** le plus nettement et promptement qu’il vous sera possible, d’aultant que lambassadeur du roy d’Espaigne mon bon frere m’en presse et reserche ordinairement. Et je seray bien ayse que la chose ne voyse poinct en longueur de mon costé si faire se peult, aussi ne veulx-je pas pour cela vous precipiter tellement que je n’entende vous donner le loysir qui vous sera necessaire pour vous en bien informer & instruire, mais je desire qu’il ne s’y perde poinct de temps... »
* Homme de guerre, François de Saint-Nectaire (orthographié Senetaire), servait alors à Metz comme lieutenant de François de Scépeaux, gouverneur des Trois-Évêchés (Metz, Toul, Verdun). Il se montra d’une grande fermeté envers les protestants de la ville et de la région.
** La seigneurie d’Ennery, possession de la famille d’Heu, était un fief pour partie de l’évêché de Metz, sous contrôle français, et pour partie d’une branche cadette de la famille de Lorraine dans la mouvance du duché de Luxembourg alors possession de Charles-Quint.
Bon état