3 500,00 €
Jean (1426-1488), duc de Bourbon. Favori de Charles VII, dont il épouse la fille Jeanne de France, il est surnommé “le Fléau des Anglais” et achève, durant la guerre de 100 ans aux côtés du bâtard d’Orléans (comte de Dunois), les reconquêtes de la Normandie et de la Guyenne. Aussitôt après le duc de Bourgogne, il est le plus puissant des grands vassaux par l’étendue de ses États : duchés de Bourbonnais et d’Auvergne, Prince de Dombes, comté de Forez, comté de Clermont…
En 1475, Jean, après avoir été un des chefs de la Ligue du Bien public, ménage Louis XI et se plaît à entretenir, par ses relations avec ses adversaires - Bourgogne, Bretagne et connétable de Saint-Pol - l’inquiétude du roi. Ayant reçu de nouvelles offres de Charles le Téméraire, Jean révèle enfin au roi les projets bourguignons, sans toutefois le rejoindre le roi, se tenant à distance de leur conflit. Pour le Bourbonnais, c’est un de ses lieutenants, le sire de Combronde qui participe à la guerre contre les Bourguignons (1475, victoire de Montreuillon). Quand, enfin, Jean regagne la cour, c’est pour assister aux négociations de la paix anglaise (Picquigny, 29 août 1475).
Rare lettre signée de Jean II de Bourbon au sire de Combronde, Moulins, 11 avril [1475], contresignée par De Jaligny, 1 page in 4 (dimensions : 21,5 x 20 cm). Quelques oxydations d’encre et légers manques.
Lettre par laquelle Jean de Bourbon informe un de ses lieutenants, seigneur de Combronde, que tous les gens de l'arrière-ban* de ses pays du Bourbonnais sont prêts et armés pour rejoindre l'armée qui se fait pour aller en Franche-Comté et en Bourgogne. Absence de zèle de la part du Duc néanmoins, car il exempte ses serviteurs et officiers de son hôtel, de celui de sa femme, les gens de son conseil, de sa chambre des comptes, qui, tenant noblement certains fiefs, ne peuvent abandonner leur service. Néanmoins, il lui indique que si une demande formelle en ce sens était faite par le Roi, il les mènerait lui-même.
* Dans les appels, on distinguait le ban proprement dit, composé des vassaux immédiats, convoqués par le roi lui-même, et l'arrière-ban, composé des vassaux convoqués par leurs suzerains.
« Monseigneur de Combronde, jay receu les lettres que mavez escriptes faisant mencion de la charge […] de conduire les gens de larriereban de mes paiz en larmée que se fait présentement pour aller en la Franche comté de Bourgogne. Et par avant la recepcion de vozdites lettres, ey avoyé receu unes autres de mon cousin le seigneur de Craon, par le moyen desquelles javoie incontinent fait crier que tous les gens dudit arriereban de mon paiz de bourbonnais fussent prestz, et quilz se trouvassent montez et armez en la ville de cuisset le jour du present moys davril pour faire leur monstre, et d’aller partir pour aller au service dudit seigneur. Et de rechef après la recepcion de vosdites lettres ay fait crier ledit arriereban audit lieu sans riens changer affin que nul neust cause dignorance. Si est besoing que vous soyez audit jour et lieu ou que vous y envoiez homme pour vous ledit jour du présent moys, pour recevoir ladite monstre et dire a ceulx qui se trouveront ce quilz auront a faire.
Vous savez que jay plusieurs serviteurs et officiers de mon hostel, aussi a ma femme, lesquels a cause des fiefs quilz tiennent sont tenus de servir audit arriereban. Et semblablement des gens de mon conseil et de ma chambre des comptes tiennent noblement certains fiefs et heritaiges, et neansmoins par ce quilz ne peuvent habandonner mon service ont esté tenuz examps de arriereban qui ont esté faiz par cy devant. […] je vous prye de [les laisser] exampts par se le Roy me mandoit ou quil me fust aller quelquepart, je soye confiant de men servir et de les mener. Et ne men sauvoyr passer. Et me signiffiez [autre] chose voulez que je puisse, et je le feray de bon cœur au plaisir de dieu […] »