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Marie Fortunée Capelle, connue sous son nom d'épouse Marie Lafarge (1816-1852), personnalité française soupçonnée, puis reconnue coupable par la justice de l'époque d'avoir empoisonné son époux, Charles Lafarge, donnant ainsi naissance à l'affaire Lafarge dont le procès eut un grand retentissement et qui sera à l'origine de nombreux ouvrages et fictions. Condamnée aux travaux forcés à perpétuité par la cour d'assises de Tulle et à l'exposition sur la place publique de cette ville, Marie Lafarge bénéficia d'une grâce présidentielle du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, peu de temps avant sa mort en 1852.
Lettre autographe signée « Marie Lafarge », « dimanche » circa 1850, 10 pp in 8e. Croquis sur une des dernières pages. Remarquable lettre de Marie Lafarge sur sa détention, ses sentiments, ses réflexions.
Marie Lafarge qui déplore sa destinée et se regarde comme un des soldats de l’Idée. « Je vais au feu en véritable artilleur, souffrant, le sourire sur la lèvre, luttant corps à corps avec l’adversité, un champion du ciel tout glorieux d’avoir à soutenir les intérêts chers à Dieu et son verbe Jésus, l’ami des pauvres, des désolés, le roi des victimes et le rémunérateur des martyrs ». Cependant, Marie Lafarge regrette les joies terrestres dont elle est privée « j’étouffe entre ces quatre murs et me meurs dans le vide, pleurant mes belles années ». Elle meurt dans le vide, pleurant les belles années, veuve de leur joie, sa place au foyer domestique, sa part de félicité et de douleur. Elle mène une existence d’âme en peine, se levant à midi pour s’asseoir devant sa tapisserie. Elle évoque les parlementaires et Louis Napoléon (qui lui octroiera sa grace). Aussi s’occupe t’elle de science « « les machines de force auront remplacé les hommes de peine ». Elle affirme beaucoup étudier etc…
Remarquable lettre